15/04/2021

Campagne de sensibilisation contre le littering et les risques y associés pour le secteur agricole et le bien-être animal

L’abandon sauvage de déchets dans la nature n’est pas seulement un acte pollueur, mais il provoque aussi le triste phénomène de la «maladie des déchets» chez les animaux, et en particulier chez le bétail, qui ingurgite les débris le long des zones de pâturage.

Face à cette préoccupation majeure pour le secteur agricole, Romain Schneider, ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, et Carole Dieschbourg, ministre de l’Environnement, du Climat et du Développement durable, ont présenté ce mardi 13 avril 2021 la reconduction de la campagne de sensibilisation contre les déchets sauvages (littering) qui met l’accent sur le danger qu’ils représentent pour le bétail et le bien-être animal en général.

Le ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, Romain Schneider, s’est montré résolu: «En tant que ministre en charge du bien-être animal, je rappelle qu’à chaque fois qu’un déchet est jeté dans la nature, il risque d’être ingéré par les animaux et le bétail en particulier. Cette année, le problème est d’autant plus aigu pour les agriculteurs que la crise de la COVID-19 a engendré l’engouement pour les randonnées nature, et l’abandon de déchets le long des chemins et zones de pâturages. Je salue et soutiens donc l’engagement du Service jeunesse de la Centrale paysanne luxembourgeoise et de l’Ëmweltberodung Lëtzebuerg ASBL. Ensemble avec le secteur, nous avons uni nos forces pour sensibiliser l’opinion publique et combattre ce fléau!»

La ministre de l’Environnement, du Climat et du Développement durable, Carole Dieschbourg, a rappelé la responsabilité de tout un chacun en la matière: «Jeter des mégots, des emballages ou du chewing-gum dans la nature n’est pas une peccadille. L’impact sur l’environnement est direct et grave.»

Sur demande explicite du Service jeunesse de la Centrale paysanne luxembourgeoise, la campagne «Offall kann déidlech sinn – gehei näischt an d’Natur» présentée pour la première fois en printemps 2019 et reconduite en 2020, a été spécialement ajustée aux besoins des agriculteurs. Cette année, depuis l’arrivée de la saison printanière, plus de 300 panneaux ont été érigés par les agriculteurs dans des champs de pâturage, le long des routes et chemins pédestres. Le message «Däin Offall mécht mech doudkrank – gehei näischt an d’Natur» (Tes ordures me rendent malade – ne jette rien dans la nature) qui accompagne les visuels impactants, vise à faire réfléchir le grand public et à endiguer le phénomène. Cette déclinaison de messages contre le littering concerne donc à la fois la protection de l’environnement et celle du bien-être animal.

Le secteur agricole affecté par le littering

Chaque année, des tonnes de déchets sont éliminées le long des routes et des sentiers pédestres. Les mégots de cigarettes, les emballages vides – tels que canettes, bouteilles en plastique, emballages fast-food –, et des chewing-gums comptent parmi les articles les plus abandonnés ou jetés. Certains de ces déchets jetés peuvent présenter un danger important de blessure ou d’infection pour les animaux de pâturage. En effet, chaque agriculteur regrette la perte de plusieurs animaux par année à cause de ladite «maladie des déchets», ce qui représente une perte économique et émotionnelle importante.

L’ingurgitation d’éléments de plastique ou d’objets en métal par le bétail peut entraîner des complications gastro-intestinales sévères et provoquer dans le pire des cas la mort de l’animal. Chez les bovins, les morceaux en plastique peuvent s’accumuler dans la panse et provoquer des inflammations locales, voire même le refus de se nourrir. Les bouts de métal peuvent fendre les tubes digestifs, et au pire, perforer les poumons, voire le péricarde du cœur. Les inflammations sont difficiles à gérer et l’agriculteur veut souvent éviter les antibiotiques. Une hémorragie interne signifie la mort de l‘animal. Une intervention chirurgicale est rarement possible et entraîne des coûts importants.

Les excréments de chiens constituent une autre source de littering très problématique pour les éleveurs. En effet, le parasite unicellulaire Neospora caninum est présent dans les selles de certains canidés. Chez les vaches en gestation, ce parasite risque de provoquer l’avortement, et ceci dans n’importe quel stade de la gravidité. Or, à ce jour, il n’y a ni traitement, ni vaccin.

Si le danger est moindre lors du pâturage libre, le problème se pose lorsque l’agriculteur fauche l’herbe pour en faire du foin ou de l’ensilage. Les faucheuses sont bien équipées d’un aimant pour éliminer les métaux magnétiques, et les éleveurs introduisent aussi des bolus magnétiques dans la panse des animaux pour que les métaux s’agrègent autour. Cependant, les métaux, les débris de plastique et les déjections canines non éliminées sont une source de souffrance pour le bétail et un fléau pour les éleveurs.

Le phénomène du littering au Luxembourg

L’Administration de l’environnement réalise régulièrement une étude sur le phénomène du littering au Luxembourg – cette étude sera renouvelée fin 2021/mi 2022. Les chiffres clés de l’étude la plus récente réalisée en 2015 sont les suivantes:

  • Une collecte en moyenne de 103 kg de déchets par km le long des routes nationales (89 kg par km en 2008).
  • Une collecte en moyenne de 216 kg de déchets par km le long des autoroutes (309 kg par km en 2008).
  • Un coût d’environ 1,2 million d’euros par an pour le nettoyage le long des routes nationales et des autoroutes à charge de l’État luxembourgeois, dont 90% de coûts de personnel, 4,8% de coûts de collecte et de transport et 5,2% de coûts d’élimination.
  • Le déchet le plus retrouvé était des canettes métalliques (18% du volume total). La deuxième place revient aux bouteilles en plastique (15% du volume total).
  • De loin la fraction la plus importante, les déchets plastiques font ~29% du volume total.

L’action de jeter ou d’abandonner un déchet (mégots, chewing-gum, emballages vides…) dans la nature est illégale et peut donner lieu à un avertissement taxé de 145 euros par exemple pour un mégot de cigarette jeté sur le trottoir ou de 250 euros pour l’élimination de déchets dans un cours d’eau[1].

La campagne de sensibilisation contre le littering est cofinancée par le ministère de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, et le ministère de l’Environnement, du Climat et du Développement durable, et implémentée en partenariat avec le Service jeunesse de la Centrale paysanne luxembourgeoise et l’Ëmweltberodung Lëtzebuerg ASBL.

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